Résurgence
- Année
- 2024
- Technique
- Triptyque — tirage numérique et gravure en relief sur papier coton
- Dimensions
- Dimensions variables (76 × 101 cm par impression)
« Les traces laissées par le temps ne sont pas des éléments figés, mais des formes actives. »
Résurgence s’articule autour de la notion d’empreinte et de ce qui refait surface à travers le temps. Inspirée par des fossiles marins découverts dans le sud du Maroc, l’œuvre interroge la mémoire des matières, les traces laissées par des présences anciennes et la manière dont elles persistent dans le présent.
Le triptyque se déploie en trois temps. La première image est une photographie de départ, capturant les fossiles tels qu’ils apparaissent, comme vestiges visibles d’un passé enfoui. La seconde image est le résultat d’un travail numérique : les fonds sont retirés, isolant les formes fossiles et les détachant de leur contexte, comme si elles étaient extraites de la roche. La troisième image réactive ces formes par la gravure en relief. Des matrices ont été conçues sur mesure afin d’épouser les contours retirés, transformant les silhouettes en surfaces à creuser et à marquer.
Ce passage de l’image photographique à la gravure met en dialogue deux gestes : celui de la technologie, qui capture et fige, et celui de la main, qui incise, révèle et transforme. La gravure évoque le processus même de l’extraction fossile, tandis que la photographie agit comme une empreinte du réel. Ensemble, ces médiums construisent une tension entre permanence et effacement, entre ce qui subsiste et ce qui disparaît.
Résurgence invite le spectateur à considérer les traces laissées par le temps non comme des éléments figés, mais comme des formes actives, capables de réapparaître, de se transformer et de produire de nouveaux récits. L’œuvre propose ainsi une réflexion sur la mémoire matérielle et sur notre propre rapport aux empreintes que nous héritons, interprétons et transmettons.