Ma chaise
- Année
- 2025
- Technique
- Projet d’infiltration — chaise récupérée et tissu traditionnel marocain khrib
- Dimensions
- Dimensions variables
« La chaise est volontairement vide. Elle n’accueille pas de corps, mais agit comme un témoin silencieux. »
Ce projet prend forme à partir d’une chaise récupérée chez un membre de ma famille : un objet usé, banal, initialement perçu comme interchangeable. Au début de ma démarche, je la nomme la chaise : un objet trouvé, neutre, presque anonyme. C’est à travers le processus de transformation et de déplacement que ce rapport se modifie, jusqu’à ce qu’elle devienne ma chaise.
La chaise est partiellement recouverte d’un tissu traditionnel marocain, le khrib, un textile chargé de valeur symbolique et culturelle, souvent associé aux espaces domestiques, aux cérémonies et à la transmission familiale. Le geste n’est pas décoratif : il s’agit d’un acte de réparation et d’infiltration. Le tissu ne dissimule pas l’objet, il s’y greffe, laissant visibles les traces du bois, de l’usure et du temps. Deux matérialités, deux histoires, coexistent sans hiérarchie.
Le diptyque présente la chaise dans deux contextes opposés : un intérieur domestique et un espace urbain public. Dans le premier, elle s’inscrit dans un espace intime, lumineux, habité par des références culturelles hybrides. Dans le second, elle est déplacée dans l’espace nocturne de la ville, entourée de chaises standardisées, industrielles. Ce déplacement met en tension l’objet singulier face à un environnement normé.
La chaise est volontairement vide. Elle n’accueille pas de corps, mais agit comme un témoin silencieux. Elle devient un lieu de projection, une présence déplacée qui interroge les notions d’appartenance, de territoire et de visibilité. Ce projet d’infiltration explore ainsi la manière dont un objet chargé d’histoire intime peut circuler, résister ou se fondre dans différents contextes, tout en conservant sa singularité.